La latrine Ecosan

 

Un modèle de toilette à compost adapté au Sahel

Des recherches menées depuis 5 ans en Afrique de l'ouest, notamment dans le cadre du CREPA, Centre régional pour l'eau et l'assainissement à faible coût) ont permis de mettre au point un modèle de latrine dit « latrine Ecosan » (Ecological Sanitation), qui sépare les urines des matières fécales et réutilise les deux comme fertilisant dans l'agriculture. Même si le procédé est techniquement différent, le but est le même que pour les toilettes à compost qui se développent en France : fabriquer de l'humus et réintroduire de la matière organique dans le sol, ce qui, non seulement le rend plus fertile, mais également lui permet de retenir beaucoup plus l'eau et enrayerait les sècheresses récurentes. La première cause du réchauffement climatique est d'ailleurs la déforestation et la dégradation des sols. Les sols de la planète contiennent à peine 10% de la quantité d'humus qu'ils contenaient en 1900. On peut penser que les sols sahéliens sont encore en dessous de cette moyenne.
Grace à une légère pente de la dalle en avant du trou, la latrine Ecosan recueille l'urine dans un bidon qui, une fois plein, sera placé au soleil pendant une quarantaine de jours. L'urine va alors « s'hygiéniser », c'est-à-dire que tous les germes pathogènes vont disparaître pour donner un liquide stérile et très riche en azote. On arrose alors les jardins ou les champs avec. Un arrosage à l'urine est suivi d'un arrosage de la même quantité d'eau. On arrête l'épandage d'urine un mois avant la récolte. Au siège du CREPA, des parcelles de démonstration présentent la différence entre du maïs et du sorgho cultivés sans apport d'urine, et avec : les plantes sont trois à quatre fois plus grosses et beaucoup plus belles avec l'urine.
Les matières fécales sont recueillies dans un fosse, un peu comme avec les latrines classiques. Contrairement aux toilettes à compost des pays tempérés, on n'apporte pas de matière carbonnée (sciure, copeaux), chose rare et précieuse au Sahel. Le compostage se fait par déshydratation. On recouvre seulement d'un peu de cendres si des odeurs apparaissent. Comme souvent dans les latrines classiques, on utilise deux fosses en alternance. Tous les six mois, on change de fosse. On ferme la fosse pleine et on utilise l'autre. Les matières vont chauffer par le processus de compostage et du fait que la trappe de vidange en taule est orientée au sud, face au soleil. Au bout de six mois, elles sont « hygiénisées » et transformées en terreau. On peut les épandre sur le sol. On alterne de nouveau les fosses.
La difficulté technique qui s'ajoute avec les populations musulmanes, est la nécessaire séparation des eaux de lavage anal. On crée une deuxième pente en arrière pour les évacuer vers une plante ornementale.
Pour des infos techniques et complètes sur la valorisation et l'utilisation en agriculture des urines et des matières fécales, voir le « volet agronomie » de la « boîte à outils Ecosan »

Construction d'une latrine Ecosan.
On voit les deux fosses qui, contrairement à celles des latrines classiques, ne sont pas enterrées, ce qui rend la construction plus facile et plus rapide.


La dalle qui couvre la double fosse et sépare les urines et l'eau de lavage anal.
Les trous au premier plan servent à l'aération des fosses.



Revenir à Nos actions

Revenir à Nos projets

Les Amis de Tokabangou

tokabangou AT no-log.org